Nuits de la lecture 2025

De 23 a 26 de janeiro de 2025, mergulhe no universo da literatura com as Nuits de la lecture, evento organizado pelo Centro Nacional do Livro, a pedido do Ministério da Cultura francês. Este ano, o tema é “patrimônio”, explorando o legado material e imaterial, individual e coletivo, que conecta gerações por meio da leitura.

No ano passado, o evento reuniu mais de 8.500 atividades em 4.000 locais ao redor do mundo, celebrando o poder transformador da literatura. Em 2025, a 9ª edição promete ainda mais, com encontros literários em espaços históricos e eventos digitais para ampliar a experiência.

Antoine de Saint-Exupéry – “Terre des Hommes”

Professora Jenny

Chap. III – L’AVION

Que sont les cent années de l’histoire de la machine en regard des deux cent mille années de l’histoire de l’homme? (…)

C’est à peine si nous commençons d’habiter cette maison nouvelle que nous n’avons même pas achevé de bâtir.

Tout a changé si vite autour de nous : rapports humains, conditions de travail, coutumes. Notre psychologie elle-même a été bousculée dans ses bases les plus intimes. Les notions de séparation, d’absence, de distance, de retour, si les mots sont demeurés les mêmes, ne contiennent plus les mêmes réalités.(…)

Chaque progrès nous a chassés un peu plus loin hors d’habitudes que nous avions à peine acquises et nous sommes véritablement des émigrants qui n’ont pas fondé encore leur patrie


Lisette Lombé – “QUI OUBLIERA ?”

Professora Camila

QUI OUBLIERA ?

Qui oubliera ?

Qu’à un Noir, on disait tu…

Non certes, comme à un ami

Mais parce que le vous, honorable, était réservé aux seuls Blancs.

Qui oubliera ?

Ils m’ont dit

Tu es une bamboula ! Une grosse guenon ! Un cancrelat !

Tu es sale ! Sale bougnoule ! Ta mère a couché avec un Nègre, tu es une batarde !

Ils m’ont dit

Tu devrais retourner dans ton pays ! Dans ta brousse ! Dans ta hutte !

Tu devrais remonter dans ton arbre ! Ta liane ! Tes bananes !

Tu devrais remercier la Belgique de t’avoir accueillie !

Même si tu es née ici…

Qui oubliera ?

Qu’à un Noir, on disait tu…

Tu devras apprendre à passer ton chemin…

C’est déjà loué ! C’est déjà pourvu ! C’est déjà complet !

Tu devras apprendre à te justifier…

Je suis belge ! Je suis diplômée ! Je suis qualifiée !

Tu devras apprendre une autre histoire aussi.

Afrique, sauvages, sous-développés.

u devras apprendre une autre histoire aussi.

Afrique, sauvages, sous-développés.

T’intégrer. T’assimiler.

T’encager. Te corseter.

Te faire douter. Te faire avoir peur.

Te faire avoir honte de ta couleur.

Te faire oublier tes frères et tes soeurs.

Toi, le petit oiseau exotique, la Joséphine Baker,

Gazelle-tigresse, le cul, les fesses !

Qui oubliera ?

Qu’à un Noir, on disait tu…

Qu’à une Noire on disait tu

Tu

Tu à l’Arabe, à la Rom, à mes oncles, à mon père.

Tu aux sans-papiers, aux sans-abris, aux sans-emplois.

Tu, ouvriers, ouvrières, prisonniers, prisonnières

Malades mentaux, handicapés, jeunes de cité, aide-ménagères

Tu la “tox” tu la “poutte” tu la gouine

Tu à mon père

Qui oubliera ?

Qui oubliera ?


Andrée Chedid – “Le silence à vivre”

Professora Letícia

Certaines tombes ne jaunissent pas
Certaines fins multiplient le vertige
Certains départs s’adossent à la fraîche souffrance
Certains corps brûlent à tous les âges du nôtre

Certaines paroles bouleversent
Tout le silence à vivre.


Albert Camus – Lettre à Monsieur Germain

Professora Raquel

19 novembre 1957

Cher Monsieur Germain,

J’ai laissé s’éteindre un peu le bruit qui m’a entouré

tous ces jours-ci avant de venir vous parler de tout

mon cœur. On vient de me faire un bien trop grand

honneur, que je n’ai ni recherché ni sollicité. Mais

quand j’en ai appris la nouvelle, ma première pensée,

après ma mère, a été pour vous. Sans vous, sans cette

main affectueuse que vous avez tendue au petit

enfant pauvre que j’étais, sans votre enseignement,

et votre exemple, rien de tout cela ne serait arrivé.

Je ne me fais pas un monde de cette sorte d’honneur.

Mais celui-là est du moins une occasion pour vous dire

ce que vous avez été, et êtes toujours pour moi, et

pour vous assurer que vos efforts, votre travail et le

cœur généreux que vous y mettiez sont toujours

vivants chez un de vos petits écoliers qui, malgré

l’âge, n’a pas cessé d’être votre reconnais.


Jacques Prévert – “Le Cancre”

Professora Françoise

Il dit non avec la tête
Mais il dit oui avec le cœur
Il dit oui à ce qu’il aime
Il dit non au professeur
Il est debout
On le questionne
Et tous les problèmes sont posés
Soudain le fou rire le prend
Et il efface tout
Les chiffres et les mots
Les dates et les noms
Les phrases et les pièges
Et malgré les menaces du maître
Sous les huées des enfants prodiges
Avec des craies de toutes les couleurs
Sur le tableau noir du malheur
Il dessine le visage du bonheur.


Charles Baudelaire – “Le Chat”

Professor Nicolas

Dans ma cervelle se promène,

Ainsi qu’en son appartement,

Un beau chat, fort, doux et charmant.

Quand il miaule, on l’entend à peine,

Tant son timbre est tendre et discret?;

Mais que sa voix s’apaise ou gronde,

Elle est toujours riche et profonde.

C’est là son charme et son secret.

Cette voix, qui perle et qui filtre

Dans mon fond le plus ténébreux,

Me remplit comme un vers nombreux

Et me réjouit comme un philtre.

Elle endort les plus cruels maux

Et contient toutes les extases?;

Pour dire les plus longues phrases,

Elle n’a pas besoin de mots.

Non, il n’est pas d’archet qui morde

Sur mon cœur, parfait instrument,

Et fasse plus royalement

Chanter sa plus vibrante corde,

Que ta voix, chat mystérieux,

Chat séraphique, chat étrange,

En qui tout est, comme en un ange,

Aussi subtil qu’harmonieux?!

De sa fourrure blonde et brune

Sort un parfum si doux, qu’un soir

J’en fus embaumé, pour l’avoir

Caressée une fois, rien qu’une.

C’est l’esprit familier du lieu?;

Il juge, il préside, il inspire

Toutes choses dans son empire?;

Peut-être est-il fée, est-il dieu??

Quand mes yeux, vers ce chat que j’aime

Tirés comme par un aimant,

Se retournent docilement

Et que je regarde en moi-même,

Je vois avec étonnement

Le feu de ses prunelles pâles,

Clairs fanaux, vivantes opales,

Qui me contemplent fixement.


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